dimanche 1 janvier 2012

La nouvelle année en ciné

En ce premier jour de l'an, au diable les traditionnels bilans de fin de l'autre: voici une petite brise de films qui méritent d'être surveillés en ces premiers mois de 2012. J'invite Cousin et Cousine à agrémenter la liste en faisant leurs commentaires sur mes sélections ou en établissant leur propre palmarès. Quant à vous, chers cinéphiles, vous n'avez qu'à cliquer sur les titres pour voir la bande-annonce. Bon cinéma!

Carnage (France, comédie dramatique — Roman Polanski)

C'est la fameuse diatribe «L'Enfer, c'est les autres» de Jean-Paul Sartre qui nous vient à l'esprit quand on regarde la bande-annonce de Carnage, tiré de la pièce Le Dieu du carnage de Yasmina Reza et
dernier opus du controversé Roman Polanski. Malgré son thème simplet — deux couples se rencontrent en huis clos pour discuter d'une bagarre entre leurs enfants qui a mal tourné —, la présence des deux oscarisées Jodie Foster et Kate Winslet laisse espérer un long-métrage bien réalisé (lire: des répliques qui s'emboîtent, une caméra mobile et un scénario solide). Parce que 80 minutes en circuit fermé, ça peut devenir long.




The Iron Lady (Grande-Bretagne, drame biographique — Phyllida Loyd)

Un film anglais sur Margaret Thatcher? Le défi était aussi délicat qu'atomique. Seule femme à jamais devenir première ministre de Grande-Bretagne, celle que l'on a surnommée la «Dame de fer» a laissé un sillon controversé dans la politique anglaise et internationale. Intransigeante, entêtée, elle a mené la guerre aux Malouines en 1982 et lancé de grands travaux de libéralisation économique, qui lui ont valu de virulentes critiques. Chose intéressante, ce long-métrage biographique semble teinté d'humour et s'insinue jusque dans la vie privée de Thatcher. Et heureusement, Meryl Streep semble avoir relevé avec brio le défi d'incarner la grande dame.



A Dangerous Method (France, drame — David Cronenberg)

Puissant, ravageur. C'est ainsi que s'annonce ce film entre psychanalyse et pulsions réalisé par le Canadien David Cronenberg, basé sur l'histoire vraie de la relation entre deux éminents intellectuels, Carl Jung et Sigmund Freud. A Dangerous Method relate l'expérience menée sur une jeune patiente (Keira Knightley) à partir d'une psychanalyse élaborée par le duo de chercheurs. Classique dans sa forme, le film a toutefois un grand potentiel dérangeant: pulsions sexuelles, blessures psychologiques, tensions émotionnelles et professionnelles... À première vue, le casting de qualité (Viggo Mortensen, Vincent Cassel, Michael Fassbender) et le thème jusqu'ici rarement exploré de la psychanalyse promet un très puissant moment cinéma.



Extremely Loud and Incredibly Close (États-Unis, drame — Stephen Daldry)

Encore un film tiré d'un livre. Seulement, il s'agit cette fois d'une oeuvre de Jonathan Safran Foer, cet Américain fort brillant qui sait bâtir des mondes énigmatiques et imaginaires tout en restant cohérent. L'histoire: un petit garçon surdoué, très proche de son père qui partage ses délires et ses recherches, voit sa vie basculer quand ce seul complice meurt dans un attentat terroriste. Il se met dès lors dans la tête de trouver ce qu'ouvre une clé que lui a laissée son père en héritage, le tout afin de comprendre sa mort inexplicable. Sur fond des attentats du World Trade Center, en 2001, voici un retour inusité de Tom Hanks à l'écran, accompagné d'une fort sérieuse Sandra Bullock. Pas de doute, ce film nous tirera des larmes.


L'Or des autres (Canada, documentaire — Simon Plouffe)

L'exploitation d'une mine d'or à Malartic, en Abitibi, continue de soulever les passions. Dans ce documentaire québécois collé à la réalité, on revient sur l'installation d'Osisko dans ce petit village minier du nord du Québec, où la population rage de voir son patrimoine mis à terre dans un ballet de pelles mécaniques. La qualité de vie, disent-ils, est de l'histoire ancienne. Et les trous se creusent. Le documentaire, aux allures bien mornes mais en quelque sorte le reflet de la vie des Malarticois, revient sur les faits et sur le nécessaire dialogue (ou son absence). Avec le scandale du gaz de schiste, voilà de quoi réfléchir à propos d'un autre thème brûlant dans le Québec du Plan nord.



La Fille du puisatier (France, drame — Daniel Auteuil)

Tout un défi que s'est lancé Daniel Auteuil avec ce film de l'avant-Deuxième guerre mondiale, tiré de l'oeuvre de Marcel Pagnol et où il tient également la vedette. Puisatier à l'éducation sommaire, le père de la famille Mazel a plusieurs enfants dont une très jolie jeune fille, qui rencontre dans les champs le garçon d'une famille de riches. Une histoire d'amour commence qui sera bien courte, mais qui aura de graves conséquences sur l'avenir du puisatier — et sur celui de la belle. Bâti sur fond de guerre, ce drame à mes yeux historiques a un beau potentiel, mais j'ai un doute. Trop caricatural? Trop grandiloquent? Il n'y a qu'à voir Daniel Auteuil parler en campagnard... On verra.


Jodaeiye Nader az Simin (Iran, drame — Asghar Farhadi)


Rares sont les films qui nous viennent d'Asie centrale. Cette histoire de drame conjugal et de désordre familial tournée en Iran, en langue originale de surcroît, a de l'intérêt parce qu'elle nous ouvre une porte sur la culture et la réalité d'un pays quasi hermétique, dont on ne connaît souvent que des banalités ou ce qu'en disent les médias. Dans A Separation, on suit l'histoire de Nader et de sa femme Simin, qui veulent quitter le pays pour offrir une meilleure vie à leur fille unique. Mais comme le père de Nader est atteint d'Alzheimer, il refuse de quitter le pays et sa femme finit par demander le divorce. Le film est paraît-il un peu long, mais fascinant. Un mal pour un plus que bien?





Les États-Unis d'Afrique(Canada, documentaire — Yanick Létourneau)

Quelle bouffée de fraîcheur! C'est dans l'univers du hip-hop africain que nous plonge ce documentaire aux allures colorées, rythmé par les multiples pérégrinations de Didier Awadi dans une quarantaine de pays d'Afrique pour rendre hommage à ceux qui ont mis en musique leur idéal d'une Afrique unie et indépendante. Présenté en première mondiale aux dernières Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) parce que réalisé par un Canadien, Les États-Unis d'Afrique véhicule un «hip-hop de l'espoir», sur un continent où la musique continue de souder les gens. Inédit, original, on ne peut que se laisser tenter.


Polisse (France, drame — Maïwenn)

On en parle comme d'un film coup-de-poing. Comme d'un film solidement documenté, inspiré d'histoires véritables de la Brigade de protection des mineurs à Paris, hyper réaliste et dérangeant, qui nous pousse dans nos derniers retranchements. Comment les policiers peuvent-ils trouver un équilibre entre leur vie privée et le quotidien de leur travail, où le pire existe plus fort tous les jours? Récipiendaire du Prix du jury au dernier festival de Cannes, Polisse s'annonce sombre, déprimant, drainant — mais il me semble un regard essentiel sur la réalité trash, sur la vie imparfaite qu'on veut souvent gommer dans nos grandes villes de verres.



In Darkness (Pologne, drame — Agnieszka Holland)

On croit toujours avoir assez vu de films sur la Deuxième guerre mondiale, mais celui-ci mérite une attention particulière. In Darkness est polonais. Filmé en polonais. Avec des Polonais. Aborde les thèmes classiques du marché noir, de l'extermination des Juifs, de la folie nazie, mais aussi un détail jusqu'ici rarement exploité: les Polonais qui, dans les grandes villes de leur pays, ont utilisé les conduits d'égouts pour éviter les camps et sauver leur vie. On doit ce long-métrage à Agnieszka Holland, réalisatrice polonaise de premier plan. Fort intéressant.




Toutes nos envies (France, drame — Philippe Lioret)


J'ai eu des frissons. Le réalisateur de l'excellent Welcome (dont j'avais parlé ici) et du très bien Je vais bien ne t'en fais pas (ici), revient en force avec cette histoire de deux juges au tribunal de Lyon, dont la vie prend un cours sinueux à la fois triste et heureux. J'aime les films français qui se prennent au sérieux tout en abordant des thèmes sociaux brûlants — ici le surendettement — de même que ce qui vient vraiment nous chercher au cinéma: l'amitié, la famille, l'amour. Et une belle musique. Avec Vincent Lindon comme tête d'affiche et la très crédible Marie Gillain, ça promet.





Ça ne semble pas un chef-d'oeuvre, mais le cadre est beau comme tout — un petit port de pêche, en Normandie. C'est l'histoire d'Angèle, qui arrive comme un cheveu sur la soupe dans la vie de Tony, pêcheur sans histoire, pour oublier la sienne. Des cicatrices, de l'amour incertain, des hésitations, de l'espoir d'une vie meilleure sont au menu de ce premier film, timide paraît-il, d'Alix Delaporte. Même si Clotilde Hesme semble un peu coincée dans son rôle, l'histoire est intrigante. Surtout au vu de l'affiche du film.

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